Augusta Read Thomas. Juggler in paradise

Augusta Read Thomas. Juggler in paradise

Frank-Peter Zimmermann, violon.
Orchestre Philharmonique de Radio France. Andrey Boreyko, direction.

Célébrées des deux côtés de l’Atlantique, les œuvres d’Augusta Read Thomas stimulent plusieurs lectures possibles : appréhension directe, physique, ou bien écoute «informée», intertextuelle, interfèrent dans un dispositif d’écriture qui les mobilise avec un égal bonheur. On ne s’étonne pas dès lors que la compositrice, longtemps associée au prestigieux Orchestre Symphonique de Chicago, soit également défendue avec ardeur par les meilleurs orchestres de radio européens, à commencer par l’Orchestre Philharmonique de Radio France, commanditaire et créateur de son 3e concerto pour violon (avec le soliste Frank-Peter Zimmermann et Andrey Boreyko à la baguette) avant que l’œuvre n’aille aux BBC Proms à Londres et bénéficie d’ une première américaine de prestige avec Jennifer Koh au violon et Christoph Eschenbach à la tête du National Symphony Orchestra de la Washington.

Marco Stroppa. Upon a blade of grass

Marco Stroppa. Upon a blade of grass

Marco Stroppa, « Upon a blade of grass »
concerto pour piano et orchestre

Pierre-Laurent Aimard, piano.
Orchestre Philharmonique de Radio France. Peter Eötvös, direction.

Histoires naturelles
De ce concerto de la jeune maturité (1996) de Marco Stroppa, compositeur de Traiettoria, la pièce de référence du répertoire contemporain pour piano et électronique, et longtemps attaché à l’Ircam (dont il a été un directeur de la recherche musicale et de la la pédagogie, poste «historiquement» rattaché à Luciano Berio, auquel une partie de la pièce se réfère), on pourrait attendre un propos formaliste à l’extrême, détaché de toute référence extra-musicale.

Yan Maresz. Zigzag Études pour orchestre

Yan Maresz. Zigzag Études pour orchestre

Yan Maresz, « Zigzag Études » pour orchestre

Orchestre Philharmonique de Radio France.
Pascal Rophé, direction.

De l’étude comme litote
Lorsque Radio France confie à Yan Maresz une commande pour sa série «Alla Breve», devenue entre-temps un programme parmi les plus emblématiques de France Musique, le compositeur est dans toutes les conversations du Paris musical contemporain : son œuvre Metallics, pourtant composée dans le cadre d’un cursus de formation (celui de l’Ircam) et pour la nomenclature faussement aisée de l’instrument solo et électronique, faisait littéralement le tour du monde.

Tristan Murail. Terre d’ombre

Tristan Murail. Terre d’ombre

Tristan Murail, « Terre d’ombre ».
Orchestre Philharmonique de Radio France.

Géologie spectrale
On a coutume de distinguer le « style français » en art, et singulièrement dans l’art musical, par l’alliance subtile entre d’un côté le sens des proportions et de la mesure, et de l’autre le goût des couleurs et de l’apparence. Raison et hédonisme, mathématique et esthétique : rien ne serait plus éloigné de la démarche des principaux compositeurs du spectralisme, à commencer par Gérard Grisey (1946-1998) et Tristan Murail (né en 1947), que de revendiquer une filiation « identitaire » autour de ces pôles d’influence stylistique.

Bruno Mantovani. Six pièces pour orchestre

Bruno Mantovani. Six pièces pour orchestre

Bruno Mantovani
« Six pièces pour orchestre »

Orchestre Philharmonique de Radio France. Pascal Rophé, direction.

Figures de la mélancolie
Si vous souhaitez connaître le Bruno Mantovani expressionniste et (schön)bergien, mélancolique pour tout dire, découvrir son jeu (dangereux et courageux) avec le déchirement de certaines nécessités intérieures, un des meilleurs sésames est assurément son œuvre composée en 2003, les Six pièces pour orchestre créées par l’Orchestre de Paris quelques mois après leur composition au festival Musica de Strasbourg, et défendues depuis lors par les meilleurs orchestres, notamment français.